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Occasion de prendre la parole
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Le contexte de la
refonte tarifaire

Pourquoi une refonte tarifaire ?

Le transport collectif joue un rôle indispensable dans l’essor économique et social de la région métropolitaine de Montréal. Il assure la mobilité quotidienne de dizaines de milliers de travailleurs, étudiants et touristes sur un territoire de 4 000 km² où vivent environ 4 millions de citoyens, soit 48 % de la population totale du Québec. Selon les projections démographiques de l’Institut de la statistique du Québec, environ un demi-million de personnes de plus habiteront le territoire de la grande région métropolitaine de Montréal en 2031.

À l’heure où plusieurs nouveaux projets de transport collectif sont en voie de réalisation et que l’achalandage augmente sur le territoire, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) s’est vu confier le double mandat de planifier les services de transport collectif dans la région pour les prochaines décennies et de réviser le cadre tarifaire de l’ensemble de ces services. La tarification permet d’assurer le financement des services, d’année en année, et contribue à leur développement et à leur qualité.

La tarification du transport collectif est un des facteurs qui influencent le choix du mode de transport des citoyens, mais à une échelle moindre que la qualité de l’offre de services de transport collectif ou que le coût de l’utilisation de l’automobile. La tarification doit donc être organisée de manière à répondre adéquatement à la fois aux besoins de mobilité des citoyens et aux capacités financières requises pour offrir un service de grande qualité.

La démarche de refonte tarifaire amorcée par l’ARTM en 2018 vise à favoriser et à faciliter l’utilisation du transport collectif par les citoyens de la région métropolitaine de Montréal

Lorsqu’elle est bien adaptée aux besoins et à la réalité des usagers, la tarification devient un levier pour encourager l’utilisation du transport collectif. À l’inverse, elle peut devenir une barrière à son utilisation lorsqu’elle se montre trop complexe. La simplification du cadre tarifaire est la raison d’être de la démarche de refonte du cadre tarifaire amorcée par l’ARTM depuis 2018.

Pour que cette refonte permette une plus grande résilience du cadre tarifaire à l’évolution des besoins des usagers, de l’offre de service de transport et des technologies, les éléments suivants doivent être considérés:

La diversité des déplacements:

Les services de transport collectif doivent répondre à des besoins de déplacement très diversifiés (p. ex.: des citoyens qui se déplacent vers des services de proximité, des étudiants qui vont quotidiennement à l’école, des travailleurs qui se rendent régulièrement au centre-ville de Montréal ou des usagers occasionnels du transport collectif ainsi que des touristes qui voyagent de façon ponctuelle).

Les besoins de mobilité des citoyens évoluent et les déplacements se complexifient. Nous sommes loin du simple «métro, boulot, dodo». Les déplacements, qui combinent non seulement des services de transport collectif traditionnels, mais aussi des modes privés tels que l’automobile, des modes semi-privés tels que le taxi et l’autopartage et des modes actifs tels que le vélo, sont de plus en plus courants. Les besoins de mobilité sont plus spontanés et les raisons qui les motivent sont diverses et varient selon l’emploi du temps de chacun.

Les nouveaux services:

Traditionnellement, les modes de transport collectif de la région de Montréal se limitent au métro, à l’autobus (incluant les circuits express, le transport adapté et le taxi collectif) et au train. La région se prépare à l’arrivée de nouveaux modes, tels que le Réseau express métropolitain (REM) et le système rapide par bus sur l’axe du boulevard Pie-IX (SRB Pie-IX), mais également à l’adoption progressive d’autres services de mobilité comme l’autopartage et le vélopartage.

Des réalités différentes dans la région métropolitaine:

Le coût pour offrir des services de transport collectif varie d’un endroit à l’autre. La densité des logements, les lieux de travail et le nombre de commerces et de services sont autant de facteurs à prendre en compte dans la planification des services. De plus, ces caractéristiques varient énormément sur le territoire de la région métropolitaine.

La facilité d’utilisation:

L’évolution de la technologie et des habitudes de paiement vient modifier la perception et les attentes de la population envers la tarification. La technologie ouvre la porte à de nouveaux concepts de tarification et à des innovations qui semblaient auparavant hors d’atteinte.

La dernière modification majeure liée à la tarification du transport collectif dans la région métropolitaine de Montréal remonte à l’année 1998, lorsque les titres TRAM Voir la définition ont été introduits.

Depuis, le contexte a beaucoup évolué et, bien que quelques ajustements aient été effectués depuis, le système tarifaire est encore, dans son ensemble, perçu par plusieurs comme étant complexe et parfois incohérent. Il est donc opportun de repenser la tarification qui prévaut dans la région métropolitaine afin de la simplifier tout en l’adaptant aux besoins de déplacement et de mobilité des citoyens. C’est sur cette voie que s’est engagée l’ARTM, notamment par l’entremise de ses travaux sur la refonte tarifaire, qui sont menés parallèlement à ceux du plan stratégique de développement du transport collectif (PSD).

L’importance stratégique du système tarifaire

Le système tarifaire joue un rôle stratégique dans l’écosystème de la mobilité. Dans tous les grands réseaux de transport collectif, les tarifs financent une portion des coûts des services. La Politique de financement de l’ARTM, adoptée en 2017, établit la structure de financement du système de transport collectif du territoire et la contribution au financement des services par chaque partie, soit les usagers du transport collectif, les automobilistes, les gouvernements provincial et fédéral ainsi que les municipalités. La Politique de financement fixe à 31 % la contribution des usagers au financement des services.

Historique de la structure tarifaire

Les 40 dernières années ont été marquées par plusieurs modifications de la structure tarifaire dans la région, afin de, la rendre plus attrayante et de favoriser l’utilisation du transport collectif.

En 1965, nous avons assisté à une révolution dans le domaine de la tarification des transports collectifs avec l’arrivée du métro et les débuts d’une intégration tarifaire entre le bus et le métro. Par la suite, la tarification a été adaptée en fonction de l’évolution du réseau et des changements dans la mobilité des personnes.

En 1980, l’inauguration de la carte autobus-métro (CAM) a coïncidé avec l’intégration des titres mensuels, ce qui représente une importante transformation du système de tarification.

En 1982, déjà, le gouvernement du Québec proposait d’établir une structure tarifaire commune à tous les opérateurs de transport de la région métropolitaine au bénéfice des usagers, sans toutefois que des actions précises soient posées. Il a fallu attendre jusqu’en 1998 avant que cette orientation soit mise en pratique par l’adoption de l’intégration tarifaire. Cette intégration a permis de créer des titres de transport communs à tous les opérateurs et définis selon un système zonal inclusif.

En 2008, l’harmonisation des pratiques tarifaires a débuté avec la mise en place du système de vente et de perception OPUS, qui regroupe, sur une même carte à puce, la majorité des titres de transport de la région métropolitaine. Le système OPUS a aussi amorcé la modernisation du système tarifaire sur le territoire en facilitant l’accès aux titres de transport, et ce, grâce au déploiement de nombreuses distributrices automatiques de titres de transport, au système de recharge à distance, à l’enregistrement volontaire des cartes qui en permet le remboursement en cas de perte ainsi qu’à une série d’autres mécanismes de personnalisation de l’expérience client.

Carte Opus

Plus récemment, en 2011, une étape supplémentaire vers la fidélisation des clients les plus assidus et l’établissement d’une relation privilégiée avec ceux-ci a été franchie grâce à l’intégration de l’abonnement annuel aux titres de transport.

Faits saillants de l’évolution tarifaire dans la région métropolitaine

1965

Abolition des tarifs de zones afin de permettre l’intégration tarifaire entre le métro et l’autobus à Montréal

1974

Introduction du tarif réduit pour les personnes âgées de 65 ans et plus à Montréal

1980

Inauguration de la CAM (carte autobus-métro)

1985

Mise en place de subventions à l’intégration tarifaire

1986

Apparition des titres combinés (inter-opérateur)

1990

Création de la carte régionale de transport (Montréal - Laval - Longueuil) pour une intégration tarifaire inter-rive plutôt qu’inter-réseaux

1995-1996

Implantation d’un nouveau cadre financier et institutionnel donnant lieu à la création de l’Agence métropolitaine de transport

1998

Implantation de la structure tarifaire intégrée et de la définition du sytème zonal

1999

Mise en place de titres unitaires métropolitains

2002

- Élargissement du tarif réduit de la STM aux étudiants de 18 à 25 ans de Montréal.
- Mise en place de l’aide à l’intégration tarifaire.

2008

Introduction du système de vente et de perception OPUS pour l’ensemble des modes et réseaux

2017

- Création de l’ARTM ayant la compétence exclusive sur la tarification
- Premier cadre tarifaire ARTM
- Élargissement du rabais étudiant jusqu’à 64 ans

2018

Démarrage de la construction du Réseau express métropolitain

2022

Nouvelle structure tarifaire pour la région métropolitaine

Les principes directeurs de la refonte tarifaire

Les principes directeurs qui soutiennent l’objectif de la refonte tarifaire et qui guident ses travaux ont été élaborés à la suite d’un processus de concertation et de consultation. Celui-ci a pris la forme d’entrevues et d’ateliers avec les partenaires de l’ARTM, dont des représentants des organismes publics de transport en commun (OPTC), des municipalités et de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Dans un souci d’équité géographique et économique et afin d’encourager l’utilisation du transport collectif ainsi que la réduction de la congestion et des émissions de gaz à effet de serre, le cadre tarifaire de l’ARTM pour la région métropolitaine doit répondre aux sept principes directeurs suivants:

  • Cohérence du cadre tarifaire à l’échelle de la région métropolitaine qui tient compte des coûts, de la valeur perçue par les usagers et de l’utilisation des services de transport collectif
  • Simplicité d’utilisation et de compréhension de la tarification pour les usagers
  • Accessibilité tarifaire aux services pour l’ensemble des citoyens
  • Résilience du cadre tarifaire face à l’évolution des besoins des usagers, de l’offre de service de transport et des technologies
  • Souplesse du cadre tarifaire à s’intégrer de manière cohérente aux initiatives tarifaires locales
  • Capacité d’arrimage à la tarification des autres services de mobilité
  • Financièrement responsable au regard de la cible de revenus tarifaires à générer

Les principales étapes de la démarche

Les principales étapes de la démarche de refonte tarifaire adoptée par le conseil d’administration de l’ARTM en mai 2018 se réaliseront en trois temps:

Découvrir

Élaboration / Concertation
  • Travaux des chantiers avec les partenaires
  • Mise en ligne de la plateforme «Parlons tarification»

Contribuer

Consultation

Consultation au cours de 2019 de la société civile, des experts, des citoyens et des usagers du transport collectif sur le projet de refonte tarifaire

Agir

Adoption
  • Adoption de la refonte tarifaire par le conseil d’administration de l’ARTM
  • Dépôt du projet de plan de mise en œuvre détaillé de la refonte tarifaire 2020-2021
Mise en oeuvre
  • Implantation progressive de la refonte tarifaire à partir de 2020
  • Fin de l’implantation de la refonte tarifaire en décembre 2024

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TRAM

Définition

les titres TRAM permettent d’accéder aux réseaux de trains, de métro et d’autobus.

Question 1 / 2

Parmi les éléments suivants, quelle est la raison principale qui vous amène à utiliser le transport en commun pour effectuer vos déplacements quotidiens ?

1.7%
28.8%
23.5%
8.2%
18.7%
7.5%
11.6%
Question 2 / 2

Selon vous, quel pourcentage du financement du service de transport en commun devrait être assumé par les revenus tarifaires, c’est-à-dire par les usagers ?

14.3%
47.9%
28.3%
6.2%
3.3%
Terminer